#JeSuisCharlie : Photographier, c’est Résister

Sur les réseaux sociaux, dans les rassemblements, vous les avez vus, ces photographes armés de leur smartphone, compact ou reflex. Vous photographier, nous photographier, photographier l’instant, le souvenir, photographier les bougies, les drapeaux, les dessins, les visages, les larmes, les sourires; photographier des scènes de vie, des scènes où l’affirmation « je suis » transcende les clivages.

Photographier, c’est prendre son crayon et dessiner avec la lumière.

Photographier, c’est partager un moment avec soi-même, les autres, sa peine, ses émotions, sa colère.

Photographier, c’est un possible d’expression qui dépasse les barrières du langage: plus de 1,1 million d’images postées avec le hashtag #jesuischarlie , près de 16000 avec #marcherepublicaine pour la seule journée d’hier sur Instagram.

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Photographier, c’est résister, pour reprendre les mots du philosophe français Gilles Deleuze ( « créer, c’est résister »).

Résister au diktat du court terme de l’opinion publique. Résister à la bêtise humaine.

Résister face au rythme des médias, résister face au rythme du quotidien. Résister au temps, prendre le temps.

Photographier, c’est nuir à la bêtise de ce monde. Si nous en doutions encore, l’art irrévérencieux, l’art insoumis, l’art de dessiner, l’art d’écrire avec la lumière, l’art de critiquer, l’art de la satire,  n’est pas mort.

Aux journalistes les stylos, aux dessinateurs-caricaturistes les crayons, aux photographes leurs appareils. Chacun son outil pour libérer la vie que l’homme enferme dans des prisons d’extrémisme et d’intolérance.

Photographier, c’est résister. Longue vie à la photographie de combat, au photojournalisme, à la photographie documentaire, à la photographie esthétique, à la photographie du quotidien: nous avons besoin de toutes les expressions, de toutes les photographies, de tous les photographes.

Je suis Charlie: photographier, c’est résister.

Sébastien APPIOTTI