L’Amérique d’après-guerre de Garry Winogrand exposée au Jeu de Paume!

Du 14 Octobre au 8 Février 2015, le Jeu de Paume présente une rétrospective inédite du photographe américain Garry Winogrand (1928-1984).

L’œuvre de Garry Winogrand? C’est encore l’artiste qui en parle le mieux: « On pourrait dire que jétudie la photographie (…) et cest vrai ; mais, en réalité, jétudie lAmérique. »

Chroniques d’une Amérique d’après-guerre, les photographies de Winogrand nous sont encore mal connues, du fait de sa mort prématurée et du travail titanesque qu’il restait à accomplir pour donner sens à son œuvre: archivage, développement, tirage de ses photographies.

Lorsqu’il décède en 1984 à l’âge de 56 ans, Garry Winogrand laisse derrière lui 6500 bobines (environ 250000 images) qu’il n’a jamais vues et des planches-contacts des années antérieures non tirées. Fait surprenant, près de la moitié des photographies de cette rétrospective du Jeu de Paume n’avaient jamais été montrées ou publiées, et plus de cent jamais tirées!

Los Angeles 1980–1983 Garry Winogrand Épreuve gélatino-argentique. Garry Winogrand Archive, Center for Creative Photography, The University of Arizona. © The Estate of Garry Winogrand, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco

Los Angeles
1980–1983
Garry Winogrand
Épreuve gélatino-argentique.
Garry Winogrand Archive, Center for Creative Photography, The University of Arizona.
© The Estate of Garry Winogrand, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco

 

Garry Winogrand, l’un des maîtres de la street photography américaine

 

Les photographies de cette rétrospective témoignent à la fois d’un portrait vivant de l’artiste et d’une Amérique en plein développement, oscillant entre de profonds bouleversements et l’optimisme lié à la victoire d’un modèle économique et culturel, également photographiée par des street photographes tels que William Klein ou Robert Frank. 

Cette exposition est scindée en trois parties:

« Descendu du Bronx »: des photographies prises en majorité à New York, depuis les débuts de l’artiste en 1950 jusqu’en 1971.

« C’est l’Amérique que j’étudie »: travaux réalisés à la même époque mais lors de ses voyages hors de New York.

« Une fin incertaine »: la maturité artistique de Garry Winogrand, depuis son départ de New York en 1971 jusqu’à sa mort en 1984. Cette section comporte essentiellement des images du Texas, de Californie du Sud, de Chicago, de Washington et de Miami.

 

New York vers 1962 Garry Winogrand Tirage gélatino-argentique. The Garry Winogrand Archive, Center for Creative Photography, The University of Arizona. © The Estate of Garry Winogrand, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco

New York
vers 1962
Garry Winogrand
Tirage gélatino-argentique.
The Garry Winogrand Archive, Center for Creative Photography, The University of Arizona.
© The Estate of Garry Winogrand, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco

Un témoignage sensible sur l’Amérique d’après-guerre

Des trois axes scénographiés, c’est certainement son œuvre dans le Manhattan des années 60 qui est la plus connue, à tel point que John Szarkowski, conservateur au MoMA, l’a défini comme « photographe central de sa génération ».

Que trouve t-on dans les photographies de Winogrand? Un tout disparate, à l’image d’une société et de ses réelles transformations, loin de l’image d’Epinal de l’american way of life : femmes anonymes croisées dans la rue, politiciens, hommes d’affaire, acteurs, hippies, soldats, manifestants anti-guerre sont autant de personnages capturés par l’œil sensible de Garry Winogrand.

Photographier la vie quotidienne des Américains et ses contradictions: tel semble avoir été le leitmotiv de Garry Winogrand, fin observateur du microcosme new-yorkais.

L’artiste était également amateur de voyages à travers les Etats-Unis: il a notamment rapporté de remarquables documents sur Los Angeles, San Francisco, Dallas, Houston, Chicago, l’Ohio, le Colorado et le sud-ouest américain.

Vivantes, les images de Garry Winogrand sont souvent animées par de nombreuses personnes. Le photographe aime jouer sur les différents plans, les jeux entre personnages et les calembours visuels. L’artiste réussit le tour de force d’écrire sa propre poésie visuelle à partir des éléments disparates qu’il observe: le hasard des rencontres et ses cadrages uniques donnent un relief particulier à ce témoignage de l’Amérique d’après-guerre, sensible, contrasté et tout en subtilité. Assurément une belle rétrospective, et une oeuvre à apprécier sans modération.

Park Avenue, New York 1959 Garry Winogrand Épreuve gélatino-argentique. Collection National Gallery of Art, Washington, DC, Patrons’Permanent Fund, image courtesy National Gallery of Art, Washington, DC. © The Estate of Garry Winogrand, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco

Park Avenue, New York
1959
Garry Winogrand
Épreuve gélatino-argentique.
Collection National Gallery of Art, Washington, DC, Patrons’Permanent Fund, image courtesy National Gallery of Art, Washington, DC.
© The Estate of Garry Winogrand, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco

A découvrir également au Jeu de Paume: « Inventer le possible. Une vidéothèque éphémère »

Intitulée « inventer le possible », l’exposition présente de l’art vidéo qui interroge l’invention d’un avenir possible au-delà d’un futur utopique que le XXe siècle semble avoir achevé.

Les vidéos présentés explorent notre attitude perplexe face à l’échec de ces fables de l’utopie et de la modernité. Peut-on encore croire à un autre modèle? C’est à cette question que tente de répondre les artistes exposés venant des quatre coins du globe grâce à un dispositif scenographique innovant mis en place par les équipes du Jeu de Paume.

 

Le Jardin d’Attila 2012 Martin Le Chevallier Vidéo, couleur, son stéréo, 33 minutes. Aurora films, 2012

Le Jardin d’Attila
2012
Martin Le Chevallier
Vidéo, couleur, son stéréo, 33 minutes.
Aurora films, 2012

 

 

Informations pratiques:

Exposition Garry Winogrand, du 14/10/2014 au 08/02/2015

Mardi: 11h-21h / Du Mercredi au Dimanche: 11h-19h

 Jeu de Paume – 1, place de la Concorde – 75008 PARIS

 Metro Concorde (lignes 1, 8, 12)

 

NB: Partenaire du Jeu de Paume, la RATP accompagne la rétrospective photographique « Garry Winogrand » par l’exposition « La RATP INVITE GARRY WINOGRAND », du 14 octobre 2014 au 8 février 2015. Un événement à découvrir très prochainement dans Photophores.

Sébastien APPIOTTI