Photo d’Hôtel, Photo d’Auteur: Lauréat 2013 & Carte blanche

Photophores vous invite à découvrir le Prix Photo d’Hôtel, Photo d’Hôtel, créé en 2007 et récompensant la jeune photographie. 

Dès 2005, le label « Hôtels Paris Rive Gauche » a impulsé le projet PHPA afin de soutenir la photographie contemporaine. 

Depuis 2007, chaque prix PHPA est couplé à une exposition, en partenariat avec l’association Fetart, soutenant la photographie émergente notamment via son festival Circulation(s).

Le concept PHPA est le suivant: proposer chaque mois à un jeune photographe de passer une nuit dans un hôtel membre d’ « Hôtels Paris Rive Gauche », afin de réaliser une seule photographie et un texte transcrivant les impressions de ce séjour.

Les 12 photographies de l’année et une carte blanche sont exposées depuis trois ans dans la Galerie Esther Woerdehoff, le lauréat remportant quant à lui la somme de 3000€.

Daphné Rocou, lauréat 2013 du prix PHPA

Daphne Rocou, "La Légende de Mataroa" ©

Daphne Rocou, « La Légende de Mataroa » ©

Daphné Rocou, avec sa photographie  » La Légende de Mataroa », a donc remporté l’édition 2013 de Photo d’Hôtel, Photo d’Auteur. Elle est également lauréate du prix Virginie Clément, décerné par les employés des hôtels Paris Rive Gauche.

Quels sont les éléments qui ont séduit le jury ?

Un regard et une histoire: l’artiste propose une vision intemporelle de la chambre d’hôtel, un regard croisé, entre passé et présent. Daphné Rocou a choisi de mettre en scène cette chambre, et d’y faire vivre cinq modèles, étudiants ayant voyagé avec le Mataroa, navire affrété par l’Institut Français d’Athènes pour permettre à de jeunes intellectuels engagés de faire leurs études à Paris. Entre passé et présent, cette prise de vue nous offre une mise en perspective de la chambre d’hôtel, carrefour de destins et de rencontres improbables.

Le brouillage des codes visuels : Daphné Rocou nous propose un entre-deux singulier : est-ce une vieille photographie retrouvée dans un carnet de voyage? est-ce une peinture? L’aspect soucieux des personnages traduit-il un souci réaliste? Les teintes douces et « vintage » de la photographie, son effet patiné,  ne conduisent-ils pas à une stylisation et à un embellissement d’une réalité pesante – la guerre, l’immigration- ? Ce sont autant de questions que nous nous posons face au travail de Daphné Rocou.

« Le jury a aimé la photographie de la photographe grecque Daphné Rocou car elle nous raconte l’histoire de l’artiste et de son peuple, mais aussi un chapitre de l’histoire de Paris, et finalement de celle des hôtels. L’artiste rend hommage à la France terre d’accueil. »

Il est enfin à noter, pour cette édition 2013, que la Galerie Esther Woerdehoff et Hôtels Paris Rive Gauche ont décerné un prix spécial à Juliette Battes, dont la photographie est arrivée seconde auprès du jury. Celle-ci sera présentée par la galerie dans diverses manifestations au cours des mois à venir.

Juliette Bates ©

Juliette Bates ©

Ursula Kraft, Carte blanche PHPA 2013

Pour cette édition 2013, Alain Bisotti, responsable de PHPA pour Paris Hôtels Rive Gauche, a choisi de confier sa carte blanche à Ursula Kraft. La photographe a choisi de rendre un double hommage à l’univers de Lewis Caroll et Wim Wenders en proposant sa série  » Alice dans les hôtels ».

Ursula Kraft ©

Ursula Kraft ©

Réenchanter et réinventer le lieu « hôtel », en explorant son histoire par le songe, l’onirisme; tel est le défi auquel s’est astreint l’artiste-auteur.  Cette série, c’est Ursula Kraft qui en parle le mieux afin de nous imprégner de son univers si particulier :

« … Quand j’ai appris que l’hôtel Panthéon allait fermer pour travaux, Alain Bisotti et moi étions d’accord, que cette période de transformation permettrait une réelle mise en scène. Alice qui allait voyager dans les hôtels, pourrait vraiment prendre possession du lieu…
De fait, j’ai imaginé que… Alice y griffe sa signature et y installe son nid. Elle passe de l’autre côté du miroir et pénètre dans un monde chimérique.

Ursula Kraft ©

Ursula Kraft ©

Les étranges créatures, la fille avec des ailes, la nymphe-papillon, et les autres êtres fabuleux, se réveillent la nuit et l’amènent dans des mondes oniriques entre le clair et l’obscur. Alice se transgresse elle-même entre l’homme et l’animal, entre sa grande et petite taille, entre la mystérieuse Noire et l’innocente Blanche. Elle rencontre les oiseaux d’Hitchcock et fait rêver la tasse de Meret Oppenheim. Au lieu de suivre l’histoire, et de jouer au croquet avec un flamant rose, elle va se coucher avec un cygne blanc, gracieuse comme la Belle Juliette. Black swan – white swan – twins. Comme dans les contes… les sœurs opposées…et quand l’une secoue les coussins, comme dans Dame Hiver, il neige sur la terre. L’autre devient noir comme de la poix, les plumes noires lui collent à la peau, comme un corbeau.

Pour fuir ce cauchemar, elle porte, à l’instar de Peau d’âne, une cape en plumes blanches. Elle s’élance dans l’escalier, laissant des plumes dans son sillage, quitte l’hôtel, et se retrouve – dans la réalité. « 

Ursula Kraft ©

Ursula Kraft ©

Il est à noter que la carte blanche PHPA est exposée avec les douze photographies primées à la galerie Esther Woerdehoff jusqu’au 28 septembre, et dans l’hôtel La Belle Juliette, du 30 Septembre au 4 Novembre.

Informations pratiques: 

Galerie Esther Woerdehoff
36 rue Falguière – 75015 Paris

 mardi au samedi 14h à 18h (jusqu’au 28/09)

Hôtel La Belle Juliette
92 rue du Cherche-Midi
75006 Paris
 tous les jours de 11h à 20h (30/09-04/11)

Sébastien Appiotti