Galerie Artyfact : exposition Enfance(s)

Photophores inaugure sa saison des vernissages avec la Galerie Artyfact, que nous vous avions fait découvrir au mois de juin dernier, grâce à notre interview des deux galeristes à l’origine du projet: Carine Burkel et Gaëlle Abravanel.

Trois mois plus tard, c’est une certaine satisfaction que nous retrouvons cette galerie dont le concept artistique -laboratoire de pratiques photographiques– a mûri et déploie tout son potentiel autour du thème de l’enfance. Enfance(s) avec un pluriel entre parenthèses comme autant de regards croisés qui renouvellent notre appréhension d’une thématique-phare dans l’art. Enfance(s) au pluriel enfin, avec trois pistes de lecture offertes par la galerie pour définir ce terme:

1) Période de la vie humaine qui va de la naissance à l’adolescence

2) Origine, commencement

3) Ensemble des enfants

Regards d’enfance(s)

La Galerie Artyfact a demandé à des artistes, photographes et plasticiens, de construire une série ou une installation originale – ou à partir de matériaux existants- sur ce thème. Des écritures visuelles sur l’enfance, explorant les motifs de l’âge d’or, du mythe de l’enfance heureuse ou à l’opposé la déconstruction d’une vision « rose » et heureuse d’une enfance sans problème.

Tour d’horizon de quelques regards d’enfance(s) qui nous ont marqué lors de la découverte de cette exposition:

Cath. An., auteur photographe nantaise, nous propose ainsi une installation tout à fait novatrice, alliant jeux de formats, de texture et de reliefs. Travaillant à la fois sur la photographie et le texte à même l’installation, Cath. An. s’interroge sur l‘enfance comme (rite de) passage vers un ailleurs, une sorte de traversée dont on ne sort pas indemne.

Cath. An. ©

Cath. An. ©

Gaëlle Abravanel explore de son côté des motifs structurant sa démarche photographique: le rêve, le flash, la réminiscence. En travaillant sur des doubles couches de photographies, avec du calque, en superposant des contes d’enfants à des paysages, en brouillant nos perceptions à la manière d’un palimpseste (oeuvre écrite sur laquelle on peut apercevoir d’anciens textes ou des versions antérieures), la galeriste-photographe embarque le spectateur dans un rêve parsemé de symboles d’enfance(s) à décrypter. 

Gaelle Abravanel ©

Gaelle Abravanel ©

Robin Cracknell  propose une vision tout à fait singulière de l’enfance: des photographies d’un enfant que l’on suppose malade sont disposées sur des feuilles jaunies à petits carreaux, avec des inscriptions et schémas scientifiques. Une vision graphique et médicale de l’enfance, une anti-idylle de l’enfance heureuse: Celle de Robin Cracknell est faite de ratures, de blessures, d’une vision miroir de sa propre enfance stylisée à travers sa démarche artistique.

Robin Cracknell ©

Robin Cracknell ©

Juliette Agnel  utilise un support atypique: la camera obscura numérique. Portraits d’enfances africaines, la série de Juliette Agnel propose différentes facettes de ces poses d’enfants, en étant dans une logique du jeu, de l’observation, de l’interaction avec l’enfant-modèle le temps d’une prise de vue.

Juliette Agnel ©

Juliette Agnel ©

Le coup de coeur de Photophores : Angéline Leroux, série « Dessin d’enfant »

Un coup de coeur est par essence arbitraire, irrationnel et injustifiable. Il en va de même pour celui de Photophores, qui s’est porté sur la série « Dessin d’enfant » que propose Angéline Leroux.

Angeline Leroux, "Dessin d'enfant" ©

Angeline Leroux, « Dessin d’enfant » ©

L’artiste offre à la galerie une installation mettant en scène les dessins d’enfants, les appareils photo, et la série présentée d’un seul tenant de bas en haut, et pouvant être éclairée par une ampoule montée sur poulie.

Le mode opératoire de sa série se résume ainsi: l’artiste a fait dessiner à chaque enfant sur un rectangle de papier son autoportrait. Ce dernier a été inséré entre la pellicule et le capteur de l’appareil argentique utilisé. Lors de la prise de vue, l’ombre du dessin s’incruste sur la pellicule et donne des résultats à la fois aléatoires et expérimentaux.

Angeline Leroux s’interroge de fait sur les représentations et les mediums utilisés afin d’ancrer celles-ci: on explore tour à tour le hasard, le regard de l’enfant sur lui-même, et la rencontre avec la vision du photographe.

Le spectateur se retrouve donc confronté à sa propre vision de l’enfance:  plurielle et incomplète. En effet, la définition de notre enfance est parfois hasardeuse, brouillon, séquentielle en fonction de souvenirs donnés.

Mais n’est-ce pas cela qu’a tenté d’esquisser cette exposition? Des photographies pour mieux retrouver ses fragments d’enfance(s). 

Informations pratiques: 

La(b) Galerie Artyfact

9, rue Forest

75018 PARIS

Métro Place de Clichy (2/13) , Blanche (2)

Mercredi – Vendredi – Samedi: 12h-19h

Jeudi: 12h – nocturne jusqu’à 23h

Du 5 Septembre au 19 Octobre 

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Sébastien Appiotti