Entretien avec…Laura Prospero

Après quelques semaines d’absence, les Paroles de Photophores font leur retour. Un lieu où l’on prend le temps de s’interroger sur une démarche photographique, un regard et les histoires que le photographe souhaite nous transmettre. 

Laura Prospero, guide touristique et photographe, nous entraîne à mi-chemin entre photographie humaniste et street photography. Un entre-deux permis par l’usage de différents supports, de son dernier Sony à son smartphone. 

Regard curieux sur Paris, sa foule et ses scènes insolites. Regard sur un autre Paris à travers les yeux de Laura, qui a exposé à deux reprises ces derniers mois: Regards de Femmes en décembre dernier, et à la Pinacothèque de São Paulo dans le cadre de l’exposition Pinagram en début d’année.

Prise de vue sélectionnée pour l'exposition Pinagram, Pinacothèque de Sao Paulo (2013), Laura Prospero ©

Prise de vue sélectionnée pour l’exposition Pinagram, Pinacothèque de Sao Paulo (2013), Laura Prospero ©

Quels supports photographiques et quels logiciels de post-traitement/Apps utilises-tu ?

 J’ai débuté avec un Sony Reflex A230 et Photoshop Elements. Puis, je suis passé à Lightroom pour le post-traiment. Depuis peu, j’ai fait l’acquisition d’un Sony RX100 pour la street photography: il s’agit d’un compact avec énormément de possibilités de réglages.

Pour la photographie mobile, j’utilise un iPhone 4. Mes retouches sot effectuées avec mon iPhone et iPad. Je passe très peu de temps sur les applications, car je vise la simplicité. Je me sers donc principalement de Snapseed, Noir, et parfois de la version mobile de Photoshop

"Femme en rouge", Laura Prospero ©

« Femme en rouge », Laura Prospero ©

En quoi te reconnais dans le courant de la « photographie humaniste » et comment réinterprètes-tu la street photography ?  

Je ne me classe pas comme street photographe. Je suis peut être un hybride entre la street photo et la photographie humaniste. Je trouve cela difficile de se ranger dans une catégorie.

J’ai une empathie très forte avec les humanistes et je crois que cela se ressent dans mes photos: Paris et du noir et blanc. Ce n’est donc pas un hasard si une de mes inspirations principales est Willy Ronis.

"Couple sur le pont", Laura Prospero ©

« Couple sur le pont », Laura Prospero ©

Comment et pourquoi capter le spontané?

Pour répondre, je dois en revenir au « pourquoi » de mon arrivée dans la photographie.

J’ai commencé la photo pour montrer Paris sur mon blog  -je suis guide touristique- et très vite j’ai pris un plaisir énorme a observer et photographier les gens dans cette ville, à voir la poésie dans le quotidien.

Et c’est avec l’iPhone que j’ai découvert ce que j’aimais vraiment dans la photo: la proximité avec les gens.

 

Laura Prospero ©

Laura Prospero ©

Photophores te propose de commenter une citation par rapport avec tes prises de vue: 

 « La photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard » – John Stuart Mill

C’est exactement mon ressenti.  C’est très difficile d’expliquer ce que je ressens à ces moments là. La prévoyance c’est donc être attentif, disponible. Des moments spéciaux on en rate 200, et on en prend un: encore faut-il le saisir.

Je fais parfois une prise de vue que je ne comprends qu’après coup. Le sens de la composition peut venir après. Le hasard, c’est donc être là: c’est l’unicité de la prise de vue.

"Mr Kelsen", Laura Prospero  ©

« Mr Kelsen », Laura Prospero ©

De quelle manière mets-tu en relation ta profession -guide touristique privé– et ta photographie?

La photographie m’a permis de m’ouvrir sur la ville et ses habitants. J’ai aiguisé mon regard, ma façon de concevoir Paris et de la montrer de manière alternative. Et tout cela, je m’en sers pour mon travail.

Laura Prospero ©

Laura Prospero ©

Focus sur les motifs de la galerie

  • « Les gens de dos » ? 

C’est la facilité, la discrétion. Pour aller plus loin dans le symbole, je dirais que la prise de vue de dos accentue le sentiment de solitude. On ne voit pas l’expression de la personne photographiée, on peut tout s’imaginer.

"RER C - Fille", Laura Prospero ©

« RER C – Fille », Laura Prospero ©

  • La foule floutée, son mouvement ? 

C’est l’impermanence . Nous sommes là de passage: c’est le mouvement face à la pierre urbaine, c’est une photographie de l’éphémère. J’aime la simplicité de ces mouvements: ils me font penser que nous sommes comme des fantômes dans la ville.

"Femme au Louvre", Laura Prospero ©

« Femme au Louvre », Laura Prospero ©

Aurais-tu un conseil à donner aux nouveaux photographes (mobiles)? 

Etre sincère dans sa démarche, être en permanence en mouvement et avoir une bonne paire de chaussures, comme l’a dit le photographe Abbas !

"Keith Haring - Métro Alma", Laura Prospero ©

« Keith Haring – Métro Alma », Laura Prospero ©

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Sébastien Appiotti